? Il faut acc?l?rer la transition ?cologique ? Alors qu'il ne semble pas chercher la lumi?re, Bruno Bernard est devenu en juin l'?lu ?cologiste ? la t?te du plus gros budget public en France. S'il ne s'est pas fix? d'objectifs particuliers pour ses 100 premiers jours ? la t?te de la M?tropole de Lyon, il aborde cette rentr?e avec l'ambition de faire percevoir aux habitants ??un d?but de changement??. Dans le long entretien qu'il a accord? ? L'Arri?re-Cour, l'?cologiste d?taille ses priorit?s, sa m?thode et ses objectifs ? long terme. M?me s'il pr?vient aussi que la crise du Covid n'est toujours pas derri?re nous, qu'elle gr?vera forc?ment les marges de manouvre de la nouvelle ?quipe et imposera des arbitrages ??entre des d?penses sociales, culturelles, sportives et autres??. Un entretien destin? ? faire date, qui est illustr? po?tiquement par Guillaume Long et dont le secr?tariat de r?daction a ?t? assur? par Vincent Degrez. Ce qu'il faut retenir?: - Sur la s?curit?, Bruno Bernard n'entend pas r?agir sur les r?seaux sociaux aux faits divers et privil?giera ??les contacts directs avec les familles des victimes??. Rappelant que cela ne rel?ve pas des comp?tences de sa collectivit?, il ne souhaite pas cr?er de police m?tropolitaine mais privil?gier le recrutement d'?ducateurs de rue, exp?rimenter des radars anti-bruit et mettre en ouvre un urbanisme ??s?curisant??. Au niveau national, il plaide pour la l?galisation du cannabis sans laquelle il lui semble impossible d'am?liorer durablement la situation dans certains quartiers ??min?s par l'?conomie souterraine??.
- La crise du Covid a d?j? profond?ment affect? les finances de la M?tropole, dont la capacit? d'autofinancement annuel est pass?e de 500 ? 250 millions d'euros. Le nouvel ex?cutif fera en cons?quence adopter un plan de mandat ??prudent?? d'ici ? la fin de l'ann?e, en esp?rant en cas d'embellie pouvoir revoir les objectifs ? la hausse l'ann?e prochaine. Le nouveau pr?sident se dit malgr? tout ??confiant?? dans la reprise ?conomique si la crise sanitaire ne repart pas, estimant que les entreprises du territoire ont globalement fait preuve de ??r?silience?? ces derniers mois. Il ne croit cependant pas dans l'efficacit? des dispositifs gouvernementaux en faveur de l'emploi des jeunes et demande au Premier ministre de pouvoir exp?rimenter ? Lyon un ??RSA jeune??.
- En mati?re d'emploi, Bruno Bernard n'adh?re pas ? la ??th?orie du ruissellement?? ni aux politiques ??d'attractivit? qui attirent ? ses yeux des entreprises dont les emplois ne sont ??pas occup?s par celles et ceux qui habitent la M?tropole aujourd'hui??. C'est vers leur emploi que seront d?sormais orient?s prioritairement les fonds et la commande publique.
- Pour les coll?ges, grande comp?tence de la M?tropole, il estime qu'ils seront ??mieux pr?par?s?? en cas de reprise de l'?pid?mie de Covid. Il affiche de ??grandes ambitions?? en termes de v?g?talisation des cours d'?tablissement, d'?ducation des coll?giens ? l'environnement, de sensibilisation aux discriminations et aux in?galit?s hommes-femmes.
- Pour la pollution, il mart?le sa d?termination ? d?velopper les modes de transport alternatifs ? la voiture?: l'offre de bus sera rapidement ?toff?e, de nouveaux trams, t?l?ph?riques et m?tros lanc?s. Sur le v?lo, dont il entend tripler l'usage en six ans, il faudra ??convaincre ou imposer??, assume-t-il.
- Ni grandes promesses ni grandes annonces pour la culture. Bruno Bernard s'engage pour l'instant ? ??sanctuariser?? les budgets dans un secteur durement impact? par la crise du Covid, et semble d?sirer s'appuyer sur ??les acteurs en place??, mais il r?affirme une priorit? en faveur de ceux qui n'ont ??pas ou peu acc?s ? la culture aujourd'hui??.
- Il confirme enfin qu'il confiera ? un jury de 10 ou 20 citoyens tir?s au sort la r?flexion sur l'avenir de la Cit? de la gastronomie ? l'H?tel-Dieu.
L'Arri?re-Cour?: Nous sommes au milieu de vos 100 premiers jours. La plupart des nouveaux arrivants essaient d'avoir des marqueurs, de montrer un changement rapide. Vous manifestez plut?t un style sobre. Bruno Bernard?: Cent jours, cela nous porterait ? fin septembre?? Je n'ai pas raisonn? comme cela. Mon sujet est de changer les choses en profondeur. Le plus rapidement possible et de fa?on efficace. Je ne fais pas passer la communication avant les objectifs de fond. Bien s?r, il faut savoir faire de la comm' autour des objectifs - on a commenc? sur la pollution, par exemple, un marqueur important pour afficher notre volont? forte. Quand nous avons lanc? 10 chantiers d?s notre arriv?e, c'?tait une volont? de faire avancer tout de suite des dossiers plus que d'autres, avec un effet m?diatique. Mais aussi d'occuper nos ?quipes. Car c'est compliqu? pour les vice-pr?sidents qui arrivent. Il s'agissait donc ?galement d'aider tout le monde ? se mettre au travail. La premi?re session pl?ni?re de la M?tropole s'est r?v?l?e finalement assez courte - elle a dur? un jour de moins que pr?vu - et peu de d?cisions ont ?t? annonc?es. Vous n'?tiez pas pr?ts?? On a rarement eu une ?quipe aussi pr?te en arrivant?! ? cause des conditions d'entre-deux-tours, nous avons eu trois mois de plus pour nous pr?parer. Apr?s, vous avez des services qui travaillent, qui font des d?lib?rations, c'est un tout. Notre administration sort quand m?me d'une p?riode difficile. Difficile en raison du Covid, avec une grosse pression pour tout l'encadrement de l'administration, notamment. Difficile par l'incertitude des ?lections, sans savoir ce qui allait se passer. Et difficile par les tensions qu'il pouvait y avoir depuis quelques ann?es au sein de la M?tropole, entre les pro-Collomb et les pro-Kimelfeld. Tout ?a n'?tait pas simple. Il ne fallait pas non plus, pour des questions m?diatiques et symboliques, pousser au-del? du raisonnable alors que nos services avaient besoin de souffler un peu. ??Je ne suis plus l? pour rassurer?: je suis l? pour agir.??Est-ce qu'il y a une volont? de rassurer, aussi, face ? certaines inqui?tudes?? Non. m?me si j'esp?re ?tre rassurant. Rassurer, on l'a fait pendant toute la campagne. Ceux qui veulent encore ?tre inquiets peuvent l'?tre, mais je ne suis plus l? pour rassurer?: je suis l? pour agir. Vous avez eu le temps de faire un ?tat des lieux en arrivant. Comment trouvez-vous?l'institution m?tropolitaine?? Vous dites que l'?tat des finances a ?t? ab?m? par la crise et que le personnel est un peu fatigu?. Cela signifie qu'il a aussi besoin d'?tre renouvel??? Non, il est fatigu? par la crise, mais comme tout le monde. Je ne sais pas vous, mais moi, le confinement m'a fatigu??! Il y a deux choses?: la situation de la M?tropole et les cons?quences sur elle de la crise du Covid. Avant la pand?mie, la M?tropole, financi?rement notamment, b?n?ficiait de marges de manouvre tr?s int?ressantes et se portait tr?s bien. Aujourd'hui, on y voit moins clair. Pour l'ann?e 2020, nous estimons pour l'instant que notre autofinancement est pass? de 500 millions ? 250 millions d'euros. Des d?penses importantes ont ?t? r?alis?es avant notre arriv?e, notamment pour accompagner nos TPE-PME par des aides ?conomiques. D'un autre c?t?, certaines recettes s'?croulent. Toute la question est de voir quelles sont les cons?quences sur les ann?es suivantes. Aujourd'hui, les projections dont on dispose ne sont pas d'une fiabilit? tr?s forte. Nous sommes donc encore dans une phase d'incertitude quant ? notre capacit? financi?re. Ce n'est pas pareil d'avoir 3 milliards ou 5 milliards d'investissements au niveau de la M?tropole durant le mandat?! On commence ? travailler sur la PPI (la programmation pluriannuelle des investissements, NDLR) et les diff?rents dossiers, mais probablement ? partir d'une hypoth?se prudente, en tout cas dans une premi?re phase. Nous esp?rons pouvoir r?actualiser les choses peut-?tre dans un an, lorsqu'on reverra sur le long terme notre trajectoire en termes de ressources pour la M?tropole. Nous d?pendons des droits de mutation - pour lesquels je ne suis pas tr?s inquiet, je pense qu'il y aura un trou en 2020 mais que cela repartira - mais surtout de la CVAE (la cotisation sur la valeur ajout?e des entreprises, NDLR), pour laquelle la visibilit? est beaucoup moins forte. Nos marges de manouvre pourraient ?tre plus faibles qu'esp?r?.Vous ne dites pas?: ??Il faudra maintenir l'investissement quoi qu'il arrive, quitte ? faire des emprunts.?? Non, notre action sociale est tout aussi prioritaire que certains investissements. Ce n'est pas ??l'un contre l'autre??. Bien s?r qu'on fera des emprunts?! Mais quand on dispose d'un autofinancement de 500 millions, on peut emprunter beaucoup plus qu'avec 250 millions. Avant la crise, la capacit? de d?sendettement ?tait de deux ? trois ans. Sous l'effet de la crise, on est plut?t ? six ans. Qu'on puisse monter ? huit ou dix ans, oui?; au-del?, ce n'est pas raisonnable. Nous sommes tenus par une r?alit? ?conomique. Je ne suis pas sp?cialement pessimiste ou inquiet, mais j'attends d'avoir davantage de donn?es. L'?tat annonce des aides pour les d?partements notamment?; ici aussi, on n'y voit pas tr?s clair. Vu la crise sanitaire, cependant, tout cela est normal. Et la M?tropole ?tait une collectivit? qui se portait bien avant la crise, contrairement ? d'autres d?partements. Nous ne sommes pas les plus ? plaindre, m?me si nos marges de manouvre pourraient ?tre plus faibles qu'esp?r?. Cela pourrait retarder la d?finition du plan de mandat et des choix ? faire?? Non, l'objectif est de d?finir le plan de mandat et la PPI d'ici ? d?cembre-janvier. J'ai fait le choix de gagner trois mois par rapport ? ce qui ?tait pr?vu, car je veux que les dossiers avancent. Mais il y aura peut-?tre une deuxi?me phase, une r?actualisation un an plus tard, lorsque nous aurons stabilis? notre vision financi?re pour les six ans ? venir. La M?tropole est n?e d'une fusion entre la communaut? urbaine et le d?partement, qui n'a pas forc?ment ?t? simple. Est-ce que vous trouvez une collectivit? en ?tat de marche?? Il y a une collectivit? qui fonctionne mais qui n'est pas totalement ? son rythme de croisi?re en termes d'organisation. On voit dans la construction des services que l'on n'est pas encore all? au bout de l'int?gration. ?a avance. Nous allons aussi r?organiser la direction des services, avec de nouvelles t?tes et un nouveau mode d'organisation. Et surtout, il reste beaucoup ? faire pour les habitants et leur compr?hension de ce qu'est la M?tropole. M?me si cette premi?re ?lection au scrutin direct acc?l?re forc?ment la compr?hension des enjeux, le r?le du conseil m?tropolitain n'est pas du tout identifi? par la population. J'esp?re que le fait d'avoir mis en place de nouvelles ?quipes, des gens qui incarnent un renouveau politique en termes de place des femmes, d'?ge, de profil non politique - en tout cas des personnes non ?lues auparavant - contribuera ? une meilleure perception des ?lus m?tropolitains, et donc de la M?tropole, par les habitants. On le verra dans les mois qui viennent. L'id?e est que les ?lus ??incarnent?? la M?tropole sur tout le territoire?? C'est ?a. Et que, lorsque les habitants ont des sujets qui correspondent ? la M?tropole, le ??guichet?? soit assur? par des ?lus m?tropolitains et non par les maires. Je souhaite qu'il y ait des permanences de tous les ?lus m?tropolitains qui le d?sireront. Ceux de la majorit?, en tout cas. Et j'esp?re que l'opposition fera de m?me. Ils y semblent plut?t favorables eux aussi. On verra si on mettra ces permanences dans les Maisons de la M?tropole, ou si, pour obtenir un meilleur maillage, on collaborera avec des mairies. M?me si, avec G?rard Collomb, on a sur le fond des d?saccords qui restent majeurs, je suis toujours ? l'?coute.Comment s'est pass?e la passation avec vos deux pr?d?cesseurs, David Kimelfeld et G?rard Collomb, ? qui vous avez fait un hommage appuy? dans votre premier discours, et qui est tr?s pr?sent dans la premi?re s?ance, un peu comme un ??premier contestataire???? Il a plut?t critiqu? d'autres que moi dans sa premi?re s?ance. Je crois qu'il ?tait plus?dans un d?bat avec son successeur (David Kimelfeld, ? qui il a notamment reproch? d'avoir???sagouin? la Cit? de la gastronomie, NDLR) ou avec le Parti communiste. (Rires.) Moi, je trouve que cela s'est d?roul? de fa?on r?publicaine. Normale. Souhaitable. Et oui, j'ai voulu quand m?me dire un mot pour mes deux pr?d?cesseurs. Je ne sais pas si cela a paru appuy?, en tout cas c'?tait sinc?re. J'ai vu G?rard Collomb avant d'?tre ?lu, nous avons d?jeun? ensemble, je le reverrai probablement dans les mois qui viennent. Cela m'int?resse toujours d'avoir les avis et de profiter de l'exp?rience d'autres ?lus, m?me s'ils ne pensent pas comme moi. Cela permet de mieux comprendre leur point de vue, et parfois d'influencer le mien. M?me si, avec G?rard Collomb, on a sur le fond des d?saccords qui restent majeurs, je suis toujours ? l'?coute. Et le territoire?? Vous ne le d?couvrez ?videmment pas, mais quel ?tat des lieux en faites-vous?? J'en d?couvre malgr? tout une partie?! Je multiplie les visites dans des organismes que je ne connaissais pas ou mal, tels que l'IDEF (l'Institut d?partemental de l'enfance et de la famille, NDLR), la Maison de la M?tropole de Caluire, des centres d'Habitat et Humanisme. Je d?couvre des choses de fa?on vraiment plus pr?cise. Le territoire, la M?tropole, c'est une force de frappe ?norme. Je la qualifie de ??paquebot???: elle peut avancer de fa?on tr?s s?curis?e, mais en changer la trajectoire exige d'y aller doucement mais s?rement. L'outil est tr?s s?duisant. Climat, transition ?cologique, pollution?: ??On a pris du retard.??Du point de vue climatique et environnemental, voyez-vous une m?tropole qui est d?j? bien engag?e dans les mutations n?cessaires, ou qui se situe ? des ann?es-lumi?re de ce qu'il faut faire?? Des ann?es-lumi?re, c'est peut-?tre excessif, mais ??bien engag?e??, non. Pour moi, on a pris du retard. Des initiatives ont ?t? men?es mais on est loin du compte. Il faut acc?l?rer sur la transition ?cologique, la protection du climat, l'action contre la pollution. On a vraiment, je pense, une capacit? ? acc?l?rer, d'autant qu'il s'agit de politiques de long terme. On a commenc? avec des principes mais, et c'est le cas un peu partout en France, on n'est pas all? tr?s loin. La marche est tr?s haute. Et tout l'enjeu pour nous est d'avancer rapidement sur ces sujets. ??L'ambition pr?c?dente ?tait d'avoir un territoire toujours plus attractif, toujours plus fort, en pensant que cela profiterait ? tout le monde. Cette th?orie du ruissellement, je n'y crois absolument pas.??C?t? social, est-ce une agglom?ration que vous d?cririez comme fractur?e?? Oui. D?s?quilibr?e. C'est une agglom?ration cr?atrice d'emplois, avec des niveaux de vie tr?s diff?rents, des pollutions tr?s disparates selon la g?ographie. Quelque 15% de la population de l'agglom?ration vit sous le seuil de pauvret??: cette moyenne n'est pas choquante en comparaison avec le taux de pauvret? national - on est un peu au-dessus du taux national, mais c'est souvent le cas avec les m?tropoles et les grandes villes. Le probl?me est que ce taux atteint 30% dans plusieurs communes. Malgr? un territoire dynamique ?conomiquement et cr?ateur d'emplois, une partie de la population n'a toujours pas ou peu acc?s ? l'emploi et son niveau de vie ne s'am?liore pas. Nous totalisions 80.000 ch?meurs de cat?gorie A avant la crise du Covid. Tout l'enjeu, pour moi, est de mener des actions pour permettre ? ceux qui sont les plus ?loign?s de l'emploi, aux plus d?munis, de profiter du dynamisme du territoire. C'est ce r??quilibrage que je souhaite atteindre, ? la fois de fa?on territoriale et sociale. Ce qui a ?t? l'ambition de tous vos pr?d?cesseurs, finalement. Non, l'ambition pr?c?dente ?tait d'avoir un territoire toujours plus attractif, toujours plus fort, avec la th?orie du ruissellement, en pensant que cela profiterait ? tout le monde. Cette th?orie, je n'y crois absolument pas. Nous allons mettre un place un sch?ma d'achat responsable pour l'ensemble de nos achats, un sch?ma sur lequel nous travaillerons avec les entreprises et les citoyens. Et nous y int?grerons des clauses sur l'insertion beaucoup plus ambitieuses. Je veux que cela profite ? notre territoire, aux habitants. Il y aura donc une inflexion forte. Mon enjeu n'est pas de cr?er des emplois pour que des gens qui habitent en dehors de la m?tropole viennent les occuper. Cela arrive naturellement, pourquoi pas d'ailleurs, mais mon enjeu premier est de m'occuper des habitants qui sont ici.  ??Mon r?le n'est pas de financer des entreprises priv?es pour qu'elles s'installent sur notre territoire plut?t que sur le territoire voisin. Je n'en vois pas l'int?r?t collectif.??Le pr?sident de la M?tropole a-t-il les outils pour cela?? J'ai toujours pens? qu'il faut faire preuve d'humilit?. Ce n'est pas le pr?sident de la M?tropole ou le maire de Lyon ou de Villeurbanne qui cr?e l'emploi. Mais plut?t les chefs d'entreprise et les consommateurs. Malgr? tout, nous avons une influence, que je veux utiliser au bon endroit. Mon r?le n'est pas de financer des entreprises priv?es pour qu'elles s'installent sur notre territoire plut?t que sur le territoire voisin. Je n'en vois pas l'int?r?t collectif. En revanche, des dispositifs ??z?ro emploi?? tels que celui qui, ? Villeurbanne, a permis ? 80 personnes qui ?taient tr?s ?loign?es de l'emploi, voire inemployables, d'avoir un CDI - puisqu'on les a embauch?es sans condition, en voyant par la suite comment on arrive ? les faire travailler - sont des dispositifs o? l'emploi cr?? a nettement plus de valeur, pour notre bien commun, que lorsqu'on finance une entreprise ? coup de millions pour qu'elle s'installe chez nous, m?me si elle cr?e 80 emplois, mais dont les collaborateurs viendraient de toute la France. Avec, ? la cl?, une croissance qui est toujours compliqu?e ? g?rer en termes de d?placements, de pollution, de logements, de services publics. Donc, vous voulez g?n?raliser les dispositifs ??z?ro emploi???? C'est un exemple?! Je pense ?galement ? l'insertion par le travail, afin que nos entreprises soient encore plus proactives sur l'apprentissage et l'insertion, l'emploi des personnes en situation de handicap, etc. Nous favoriserons, dans nos march?s, les entreprises qui respectent le seuil de 6% d'embauche de personnes en situation de handicap. Mais aussi les entreprises qui ont une politique salariale d'?galit? femmes-hommes, avec des crit?res pour contr?ler qu'elles sont dans les clous et qu'elles progressent. C'est tout cela que je veux mettre en place, ? travers notamment nos achats puisqu'on a, dans ce cadre, une vraie influence. Nos achats, nos travaux?: en direct de la M?tropole ou par l'interm?diaire de nos organismes ext?rieurs, nous avons une force de frappe assez extraordinaire. Quand on ajoute des crit?res sur les achats, on restreint la concurrence. N'avez-vous pas peur de ne vous retrouver qu'avec une poign?e d'acteurs locaux?? Je veux bien assumer qu'on avantage les acteurs locaux. Tout ce qui passe par les circuits courts, une production qu'on consomme ? proximit?, va dans le bon sens. Nous allons travailler sur ces crit?res avec les entreprises. On ne va pas changer nos conditions d'achat du jour au lendemain, ce qui aurait des effets n?gatifs en termes de concurrence mais aussi de co?t d'achat. On montera en puissance petit ? petit tout en donnant une trajectoire transparente. Dans un premier temps, nous favoriserons par des crit?res certaines entreprises?; au bout d'un moment, cela ne sera plus ??favoriser??, cela sera une obligation pour pouvoir r?pondre ? nos appels d'offres. C'est ?a, mon objectif. Par exemple, en mati?re de construction neuve, on ne permet pas aujourd'hui d'utiliser des mat?riaux recycl?s dans les appels d'offres?: on impose d'utiliser tel mat?riau neuf qui sera produit et import? on ne sait d'o?. La premi?re mesure est d'imaginer une variante qui autorise l'utilisation de mat?riaux recycl?s, puis, quand la fili?re est suffisamment d?velopp?e, d'imposer un pourcentage de mat?riaux recycl?s. Il faut ?tre pragmatique mais volontaire, trouver l'?quilibre entre les deux. C'est pour cela qu'il faut beaucoup ?changer, notamment avec les acteurs ?conomiques du territoire, afin de savoir ce qui est possible, tout en ?tant proactif pour que ?a bouge. ??Par rapport ? la gravit? de la crise parfaitement in?dite, je trouve qu'il y a malgr? tout une vraie r?silience des entreprises.??De vos premiers ?changes avec les acteurs ?conomiques, avez-vous le sentiment qu'ils vont se relever de la crise?? Fin juillet, nous avons rencontr? les acteurs du BTP avec lesquels j'avais d?j? beaucoup ?chang?. Ils sont dans cette d?marche de faire bouger les choses. Quant ? la crise, cela d?pend des activit?s. Il y a des entreprises qui ?taient en difficult? avant la crise et qui malheureusement ne s'en sont pas sorties. Pour les autres, l'incertitude r?gne encore, car la crise sanitaire pourrait repartir. Ce serait forc?ment un coup tr?s dur?: les entreprises qui s'en sont sorties, savent qu'elles vont avoir une ann?e blanche, voire n?gative, mais globalement, leur enjeu est d'avoir un carnet de commandes qui se remplit dans les mois qui viennent. Il y a aussi les secteurs sinistr?s durablement?: l'h?tellerie, le tourisme, la culture. Pour eux, c'est beaucoup plus compliqu? parce qu'on ignore si cela repart ou pas. C'est nettement plus inqui?tant. Ils vont avoir besoin d'aide nationale et ? tous niveaux. Et puis, il y a l'entre-deux, comme les restaurants, qui sont repartis, bien que ceux qui avaient une client?le d'affaires, ? midi notamment, ne tournent pas encore, entre autres ? cause du t?l?travail. Il y a donc plusieurs niveaux. Par rapport ? la gravit? de la crise, parfaitement in?dite et qui a mis le monde ? l'arr?t tout un mois, voire huit semaines, je trouve qu'il y a malgr? tout une vraie r?silience des entreprises et que cela repart. Cela aurait pu ?tre pire, m?me si ce n'est pas parfait non plus. Vous ne vous attendez pas, pour la p?riode septembre-d?cembre, ? une accumulation des plans sociaux, des faillites?? Des plans sociaux ont d?j? ?t? annonc?s. Certaines grosses entreprises en profitent pour restructurer. Renault Trucks a annonc?, je crois, 300 ou 400 suppressions d'emploi. On ne peut pas dire que ce soit sp?cialement li? au Covid. Il est toujours compliqu? d'analyser, pour les grosses entreprises, ce qui rel?ve de leur strat?gie d'optimisation de leurs b?n?fices et de leur recherche de profits, ce qui est leur r?le aussi, et des cons?quences de la crise. En mati?re de TPE-PME, je pense que celles qui ont pass? le cap, sous r?serve de commandes suffisantes, s'en sortent. Il y aura forc?ment, sur l'ann?e 2020, beaucoup plus de fermetures d'entreprises que l'ann?e pr?c?dente. Il faudra voir, quand on aura du recul sur deux ans, si la crise s'est r?v?l?e un coup fatal pour les entreprises en difficult?, ou si c'?tait encore pire que cela. Aujourd'hui, je n'ai pas cette vision. En termes de confiance, peut-?tre?? Si les plans sociaux se multiplient ? la rentr?e. La confiance, pour une entreprise, d?pend de la visibilit?, donc de l'incertitude par rapport ? une crise sanitaire qui risque d'?tre tr?s difficile. Si l'on n'arrive pas ? relancer la confiance quant au fait qu'on ne sera pas oblig? de reprendre des mesures plus lourdes de confinement - ou en tout cas de fermeture de certains lieux - cela posera un vrai probl?me au plan ?conomique. D'o? l'absolue n?cessit? de g?rer au mieux cette crise, et notamment de prendre peu de risques. Ce qui a l'air d'?tre le cas en France, o? je trouve que la population, pour le port du masque, se montre plus respectueuse depuis quelques semaines. ??Notre r?le premier, ce sont les politiques de long terme. Pour diminuer durablement la pollution, il ne s'agit pas simplement de r?agir aux pics - c'est d?j? trop tard?!??Dans le cadre de vos 10 chantiers prioritaires, vous avez mis en place une cellule de gestion des crises. En cas de reprise de l'?pid?mie, sera-t-on mieux pr?par?s?? La M?tropole peut-elle vraiment faire mieux que ce qui a ?t? accompli jusqu'? pr?sent?? Nous serons mieux pr?par?s gr?ce ? ce que nous aurons v?cu. Je discutais r?cemment avec le recteur de l'ouverture des coll?ges. M?me si les consignes du minist?re ?taient encore un peu floues entre les diff?rents sc?narios, ce sera globalement beaucoup plus facile que la premi?re fois pour tout ce qui est li? aux ?tablissements scolaires. Parce qu'on a davantage de retours d'exp?rience, de connaissances des transmissions entre jeunes. Surtout, il faut tout faire pour ne pas se retrouver dans la m?me situation. Cette cellule de crise ne se limite pas au Covid, d'ailleurs?: elle travaille sur la canicule, elle va travailler sur la pollution, et sur toute autre crise qui pourrait survenir. Sans oublier, au-del? du Covid, la cellule organis?e par le pr?fet. Il y a donc un grand nombre de dispositifs aujourd'hui. L'enjeu est d?sormais de mieux travailler entre collectivit?s, en lien avec l'?tat. La crise a ?clat? tellement vite qu'on a vu une multiplication des approximations, que ce soit en termes de gestion des masques, d'incompr?hensions, de changements de cap tous les jours. L?, on dispose d'une base plus stable. Cela aidera ? g?rer la crise, en esp?rant qu'elle soit la plus faible possible. Il s'agit donc de g?rer toutes les crises, y compris climatiques ou de pollution. Au niveau de la M?tropole, vous avez plus d'outils?? Nous avons une influence. Pour le pic de pollution cet ?t?, on a souhait? par exemple que des mesures soient anticip?es et qu'elles soient plus fortes que d'habitude en termes de restriction automobile. M?me si on n'anticipe que de quelques jours les pics, cela am?liore les choses. Toutefois, notre r?le premier, ce sont les politiques de long terme, le d?veloppement massif des transports en commun et du v?lo, l'isolation des b?timents, la modification des modes de chauffage, le travail avec les entreprises et les industries pour am?liorer aussi leurs rejets. ??La premi?re mesure que pr?voit le gouvernement pour le public des jeunes de moins de 25 ans est une aide ? l'embauche pour les entreprises. Je ne crois pas que cela suffise.??Sur le social, un des premiers chantiers concerne l'exp?rimentation du RSA jeune. Vous l'avez demand?e au gouvernement. Avez-vous eu des retours?? Pour l'instant, le Premier ministre ne m'a pas r?pondu. Il vient d'arriver, j'esp?re avoir une r?ponse favorable. La premi?re mesure que pr?voit le gouvernement pour le public des jeunes de moins de 25 ans est une aide ? l'embauche pour les entreprises. Je ne crois pas que cela suffise. Par mon c?t? entrepreneur, je sais que, quand on embauche quelqu'un, c'est qu'on en a besoin. Aucune entreprise n'embauchera quelqu'un en disant?: je n'en ai pas besoin mais je l'embauche parce qu'il co?te moins cher. Je n'y crois pas du tout. Au mieux, on va avoir, comme d'habitude dans ces cas-l?, quelques embauches anticip?es d'un public jeune. Mais le plus probable, c'est des effets d'aubaine, c'est-?-dire des entreprises qui auraient embauch? des jeunes et qui profitent d'une aide ?conomique, ou des effets de d?port, avec des entreprises qui chercheront ? embaucher des jeunes plut?t que des personnes de plus de 25 ans, ce qui n'est pas forc?ment un gros plus pour le collectif. Il faut ?tre r?aliste?: on va avoir un acc?s au march? du travail compliqu? pour ceux qui sortent des ?coles et qui cherchent leur premier job - toujours un moment difficile. Naturellement, il faut travailler avec les entreprises pour qu'elles embauchent au maximum, mais il faut aussi un accompagnement social pour cette population qui vit largement sous le seuil de pauvret? - m?me les ?tudiants. Il n'est donc pas raisonnable de ne pas vouloir modifier les choses au niveau national. Le RSA est un dispositif national, donc si ?a ne bouge pas ? ce niveau, on ne pourra pas le faire ni m?me l'exp?rimenter ? l'?chelle de la m?tropole. On cherchera alors d'autres fa?ons d'aider cette population. J'ai demand? ? ce qu'on d?bloque une enveloppe de 10 millions d'euros pour ce public qui est en grande fragilit? aujourd'hui. Ce n'est pourtant pas un revenu qui leur permettra de retrouver du travail. L'enjeu est de trouver du travail, bien s?r. Le BTP, par exemple, engage la moiti? des apprentis?: je pense qu'on peut aller encore plus loin avec ces acteurs qui sont preneurs et qui ont parfois du mal ? recruter. Nous devons am?liorer les liens avec notre plateforme d'insertion. Ceci dit, il y a des gens qui n'ont pas de quoi bouffer et il faut les aider. C'est l'urgence sociale. Il n'y a pas que ceux qui cherchent un travail, il y a aussi des ?tudiants dans la pr?carit? parce que le niveau des bourses est trop faible. Quand ce public jeune n'est pas aid? par la famille, il se retrouve dans des situations tr?s difficiles. Des ?piceries sociales et solidaires se mettent en place, nous allons les d?velopper. Mais il n'est pas normal d'accepter que les jeunes n'aient pas de quoi vivre. Il faut les aider. Le seuil du RSA ? 25 ans, d'ailleurs, n'a pas une pertinence ?norme en soi. ??Notre objectif est de multiplier par trois les d?placements ? v?lo durant le mandat. Et je suis assez optimiste quant ? cet objectif.??Venons-en ? la question des v?los. La premi?re priorit?, c'?taient les points noirs de l'agglom?ration. Sans oublier la question de la s?curisation du stationnement. . avec Lyon Parc Auto (LPA), dont la pr?sidence sera confi?e ? Fabien Bagnon, l'ancien pr?sident de La Ville ? V?lo. Vous ?tes bien inform??! (Rires.) Pour l'instant, rien n'est fait. Il faut qu'il y ait un conseil d'administration. Bon, comme on est majoritaires, il ne devrait pas y avoir beaucoup de suspense. ??Sur le v?lo, il faudra convaincre. Et si l'on n'arrive pas ? convaincre, imposer.??Le v?lo n'est-il finalement pas le sujet le plus facile pour vous, celui qui va pouvoir aller le plus vite?? ? quelle vitesse imaginez-vous que les changements peuvent s'op?rer?? Notre objectif est de multiplier par trois les d?placements ? v?lo durant le mandat. Et je suis assez optimiste quant ? cet objectif. D'ailleurs, on a pris 30 ? 40% en trois mois. Il y a les mesures temporaires, comme celles que vous avez ?voqu?es ou l'am?nagement des pistes provisoires, lanc? pendant le confinement. Il faut voir si on en rajoute et lesquelles - il faut ?tre tr?s pragmatique dans ces choses-l?, et tr?s souple. Et puis, il s'agit de lancer le R?seau express v?lo, avec un objectif de 250 kilom?tres durant ce mandat. Nous allons avancer vite et fort sur ce sujet. Je ne sais pas si cela sera ??facile??. J'ai des retours des maires plut?t favorables pour l'instant. Mais il faut passer ? l'application?: quand on r?serve de la place pour des v?los ou pour un site propre de bus, on enl?ve souvent du stationnement ou des voies pour les voitures. Il y aura des r?ticences tr?s fortes, il y en a d'ailleurs d?j??: dans le 6e arrondissement, c'est ? nouveau un peu tendu autour des pistes cyclables, probablement sur le cours Vitton. Il faudra convaincre, et si l'on n'arrive pas ? convaincre, imposer. Je pense qu'il y a une attente de la population et c'est un affichage politique qu'on a d?fendu durant la campagne. Je ferai ce pour quoi nous avons ?t? ?lus. Quant au calendrier. Ici, il y a une question technique. ? certains endroits, c'est tellement ?vident et tellement attendu qu'on peut y aller. ? d'autres, il y a un volet concertation plus pouss?. Ensuite, il y a le volet ??march?s??. Est-ce un march? propre ou un march? ? bon de commande de voirie?? On est en train de regarder pour lancer des choses. Mais il faut le faire de mani?re ?conomiquement raisonnable. Les r?unions de travail se multiplient avec nos services. Je ne suis pas capable aujourd'hui de vous dire qu'au mois d'octobre, il y aura tant de kilom?tres, et en janvier tant de kilom?tres en plus. Si j'annon?ais des chiffres, les services se sentiraient oblig?s de faire ce que je dis, et ce n'est peut-?tre pas la bonne solution. On va regarder de fa?on pragmatique comment on avance, mais on va aller vite. On commencera ? voir des changements avant la fin de l'ann?e et en permanence pendant tout le mandat. Plus compliqu??: les transports en commun. Vous allez op?rer des changements avec des lignes de bus d?s la rentr?e, avec une augmentation de 20%?? Cet objectif d'augmenter de 20% l'offre de bus se fera dans les 24 mois. L'?lection au Sytral (l'organisme de tutelle des TCL, NDLR) a lieu d?but septembre. Pour l'instant, il y a une pr?sidente en place qui finit son mandat (Fouziya Bouzerda, proche de G?rard Collomb, NDLR). Elle a accept? de lancer un certain nombre d'?tudes avant m?me le changement de pr?sidence, notamment pour mettre en place ces 20% de bus en plus, mais aussi pour acc?l?rer d'autres projets de tram. Pour les transports en commun, la temporalit? est longue. Pour inaugurer des tramways dans le mandat, il faut vraiment avancer tr?s vite. ??Je ne veux pas faire de ligne de m?tro "politique". Le crit?re, c'est ce qui est le plus utile pour la population.??Et pour le plan m?tro?? Le plan m?tro, c'est 10 ? 15 ans. Et je souhaite qu'on se donne les quelques mois n?cessaires, peut-?tre six mois ou un an, pour savoir quelle ligne de m?tro on lance. Je ne veux pas faire de ligne de m?tro ??politique??. Cela a ?t? fait autrefois - et m?me au d?marrage je crois, et c'est vrai dans beaucoup d'agglom?rations - mais pour moi, ce n'est pas le crit?re. Le crit?re, c'est ce qui est le plus utile pour la population. Plusieurs solutions de m?tro paraissent pertinentes aujourd'hui. Le m?tro E, dont les ?tudes sont avanc?es et pour lequel on sait donc ? peu pr?s o? nous en sommes. Je souhaite quant ? moi qu'on y voie clair sur les prolongations du m?tro A (des ?tudes vont ?tre lanc?es pour aller jusqu'? Meyzieu), du m?tro B (qui pourrait aller jusqu'? la gare de Sathonay-Rillieux), et peut-?tre du m?tro D (vers le quartier de l'Industrie?? Vaise). Il s'agit de regarder les diff?rentes solutions puis, selon notre enveloppe financi?re, de voir si on lance une prolongation ou une ligne de m?tro, voire deux. Voil? la m?thode ; le point d'arriv?e, on verra avec les ?tudes. Je suis incapable de dire aujourd'hui, entre la ligne A et la ligne B, laquelle il faut prolonger prioritairement. Et accessoirement, que ce soit pour Meyzieu ou Rillieux, ce sont deux communes de droite. Le maire de Rillieux-la-Pape, Alexandre Vincendet (LR), ?voque un potentiel de 60.000 voyageurs par jour pour la ligne B dans sa commune, contre plut?t 40.000 pour la ligne E. Pour la ligne E, l'?tude que j'avais vue - quand elle s'arr?tait uniquement ? Bellecour, je n'ai pas vu l'?tude d?finitive qui allait jusqu'? Part-Dieu - de m?moire, c'?tait 50.000 voyageurs, dont 12.000 qui faisaient un report modal de la voiture aux transports en commun. C'?tait donc relativement faible. Pour Rillieux, je n'ai pas de chiffre, mais 60.000, cela me para?t peu. Instinctivement, je pense que c'est plus. ??On ne fait pas du m?tro pour qu'il arrive dans une zone pavillonnaire.??Cela rassurera Alexandre Vincendet. Oui mais, quand on fait une nouvelle ligne forte de transport en commun, cela passe aussi par un d?veloppement ?quilibr? du territoire et par une densification l? o? on int?gre du m?tro. On ne fait pas du m?tro pour qu'il arrive dans une zone pavillonnaire?! Je caricature, ?a ne sera pas le cas, mais il faudra que l'on discute avec les maires pour trouver des ?quilibres et que l'on soit d'accord sur l'?volution de ces territoires, notamment avec nos priorit?s de construction de logements sociaux et de logements tout court. ??Ligne forte??, cela veut dire construction autour des lignes fortes de transport. C'est une ?vidence mais il faudra l'appliquer. ? Rillieux-la-Pape, il y a d?j? beaucoup de logements sociaux. Mais pour y aller, vous vous arr?tez ? Caluire. ??J'ai tendance ? penser que, dans ces quartiers, si on avait investi dans l'humain davantage que dans le b?ti, on aurait trouv? de meilleurs ?quilibres.??? Rillieux, mais c'est vrai aussi ailleurs, des op?rations de d?molition-reconstruction sont pr?vues. Or, la nouvelle vice-pr?sidente ? l'urbanisme, B?atrice Vessiller, s'est exprim?e contre ce type d'op?ration. ??Contre??, c'est un peu fort. Elle a dit qu'il ne fallait pas que ce soit l'unique solution. ?a a ?t? fait depuis 20 ou 30 ans au niveau de l'ANRU (l'Agence nationale pour la r?novation urbaine, NDLR). Dans certains quartiers, ?a a tr?s bien march??; dans d'autres, moins. Ce sont des op?rations tr?s co?teuses en termes financiers comme environnementaux. Certains b?timents doivent plut?t ?tre r?nov?s, dans quelques cas il faut les d?molir. Il faut regarder au cas par cas. Les politiques ANRU ont quand m?me co?t? ?norm?ment d'argent, particuli?rement ? l'?tat. Quand on fait le b?n?fice de ce qu'on a investi dans le b?ti. J'ai tendance ? penser que, dans ces quartiers, si on avait investi un peu plus dans l'humain que dans le b?ti, on aurait trouv? de meilleurs ?quilibres. Mais cela reste tr?s difficile de toutes fa?ons. Je le dis donc avec beaucoup de modestie. Comment allez-vous arbitrer, du coup?? Il faut demander ? B?atrice Vessiller, car c'est au cas par cas. ??Notre politique d'interdiction du cannabis a compl?tement ?chou?, tant sur la pr?vention que sur le c?t? pragmatique de la gestion. Il faut l?galiser??L'objectif est aussi en termes de s?curit?, de changer de type d'urbanisme afin de ne plus offrir autant de recoins. Est-ce une pr?occupation que vous partagez?? La pr?occupation de tenir compte de la s?curit? dans l'am?nagement urbain?: oui. Est-ce que c'est la d?molition qui fait le changement urbain. peut-?tre pas uniquement. C'est une solution parmi d'autres. Et ? nouveau, je suis tr?s modeste sur ces probl?mes de s?curit?. Mais quand on am?nage et qu'on occupe l'espace urbain, il n'y a pas de dealer en bas. Tout ?a est li?. Cela dit, si on ne s'attaque pas au fond dans ces quartiers, si on ne change pas la politique sur le cannabis, on n'y arrivera pas. On voit bien, depuis des ann?es, que ces quartiers vivent d'une ?conomie souterraine. Cela cr?e des probl?mes en mati?re de mobilisation des moyens policiers et de justice. En outre, en termes de consommation de ces produits, on se situe quand m?me tr?s haut par rapport ? d'autres pays europ?ens, avec une population jeune ? risque et tr?s consommatrice. Notre politique d'interdiction du cannabis a compl?tement ?chou?, tant sur la pr?vention que sur le c?t? pragmatique de la gestion. Je pense qu'il faut l?galiser, sinon, on aura vraiment beaucoup de mal ? changer ces quartiers ? long terme. Le gouvernement a fait le choix d'une d?p?nalisation de fait, en cr?ant des amendes. C'est un entre-deux. On verra. Mais je ne pense pas que cela aille assez loin. Lorsqu'on vous interroge sur la s?curit?, vous dites?: ??Ce n'est pas ma comp?tence mais celle de l'?tat.?? Je rappelle en effet que c'est l'?tat qui est concern?, la police r?galienne, les forces de police. On augmente le nombre de policiers municipaux un peu partout, ce qui est normal, car il y en a besoin. Mais il faut aussi que l'?tat arr?te de se d?sengager tout le temps de tout. De notre c?t?, nous avons des comp?tences sur le c?t? pr?vention et je souhaite augmenter le nombre d'?ducateurs de rue, qui accomplissent un boulot tout ? fait extraordinaire. Sur l'am?nagement urbain, je pense qu'on a aussi un vrai r?le ? jouer, de travaux, d'?changes avec les mairies, pour voir comment on modifie certains quartiers, certains am?nagements, afin de faire baisser l'ins?curit?. Il existe encore d'autres sujets sur lesquels je souhaite travailler, je l'ai dit au pr?fet. Notamment en mati?re de nuisances sonores, avec des radars contre le bruit. Car les deux-roues et les v?hicules qui font un bruit pas possible, cela pourrit la vie des habitants - on l'a vu pendant le confinement. Ce sont des sujets sur lesquels je suis pr?t ? avancer avec le pr?fet. Mais nous avons tellement de comp?tences, ? la M?tropole, que je pr?f?re intervenir d'abord sur nos comp?tences. Les radars anti-bruit, c'est la solution pour ?viter toutes ces motos en roue arri?re qui rentrent en centre-ville chaque soir?? Je ne sais pas si c'est la solution, mais pour l'instant, je vois qu'on n'avance pas dans ce dossier. Cela peut donc ?tre une solution parmi d'autres. Il faut probablement aussi de la pr?sence humaine, donc des policiers, et peut-?tre de l'?ducation ou d'autres choses. Il me semble malgr? tout que des radars sonores seraient une solution au moins ? exp?rimenter rapidement, pour en voir les effets. ??Une police m?tropolitaine?? S'il s'agit d'ajouter une troisi?me police ? la police municipale et ? la police nationale, je pense que c'est une mauvaise id?e.??Vous parlez de ??pr?sence humaine??. Vos deux comp?titeurs, que ce soit Fran?ois-No?l Buffet (LR) ou David Kimelfeld (LREM-dissident), proposaient la cr?ation d'une police m?tropolitaine. Ils ne disaient pas du tout la m?me chose, ceci dit. S'il s'agit d'ajouter une troisi?me police ? la police municipale et ? la police nationale, je pense que c'est une mauvaise id?e. Parce qu'en termes de coh?rence, c'est d?j? compliqu? parfois de savoir qui appeler pour quoi. En ajouter une troisi?me, je n'y crois pas du tout. M. Buffet disait que c'?tait pour aider les polices municipales, que c'?tait un renfort. M. Kimelfeld, lui, y voyait une police des transports en commun. Moi, je suis r?serv?. En revanche, on va travailler avec les communes sur ces dossiers. Il y a quand m?me un sujet sur lequel il faut avancer?: le respect des normes environnementales, des trottoirs, des pistes cyclables. L?-dessus, il y a une ambition politique forte. C'est aussi une s?curit? ? am?liorer. La s?curit? au premier sens de ??police?? ne rel?ve vraiment pas de notre comp?tence. Ce n'est pas ? nous d'y aller. Et la loi NOTRe ne nous le permet pas. Il faudrait qu'on change la loi ou qu'on ait des d?l?gations de l'?tat ou des communes pour le faire. Vous n'en demandez pas?? Non, je n'en demande pas, parce que je ne vois pas pourquoi. On a une premi?re conf?rence m?tropolitaine des maires en septembre?: s'ils pensent qu'il serait plus efficace de mieux utiliser les polices municipales et que ?a doit passer par la M?tropole, pourquoi pas?? Tout est ouvert. En campagne, cette police m?tropolitaine relevait plus de l'affichage politique. Parce que ?a fait du bien en campagne de dire qu'on s'occupe de s?curit?, m?me si on n'en a pas les comp?tences. La campagne est finie, j'ignore ce que diront maintenant nos concurrents. Mais leur proposition n'?tait pas tr?s ?tay?e, y compris en termes de mise en ouvre. Vous semblez par contre pr?ts ? cr?er une police de la circulation?? En tout cas, je souhaite travailler avec les maires et le pr?fet pour voir comment respecter mieux la sanctuarisation des trottoirs. Car il n'est pas possible d'avoir, sur les trottoirs, des trottinettes, des v?los, des voitures gar?es. Je me d?place ? v?lo depuis quelques semaines et je vois que les pistes cyclables sont r?guli?rement encombr?es par des v?hicules. Il faudrait faire des ratios de v?hicules gar?s sur des pistes cyclables au kilom?tre. On se retrouve ? contresens, donc c'est dangereux?: ce n'est pas possible non plus?! Il faut voir comment on am?liore le respect sur ces sujets. Est-ce du ressort de la police municipale ou de la police nationale?? Faut-il quelque chose de plus?? Je suis tr?s pragmatique. On va regarder. Vous vous ?tes mis au v?lo, donc?? (Rires.) Oui, parce que ?a va plus vite que la marche. Comme j'ai moins de temps, je circule beaucoup plus ? v?lo. ?lectrique?! Vous avez rendu la voiture de fonction ou vous la conservez?? Il y a encore un p?le de voitures de fonction. J'ai pris une Zo? ?lectrique quelques fois depuis que je suis ?lu. Parfois, quand on est trop ? la bourre et qu'on n'a pas lu le dossier qu'on doit conna?tre 20 minutes avant son rendez-vous, ce n'est pas mal d'?tre en voiture. Moi, j'ai un v?lo de fonction. Quant aux v?hicules, on va r?fl?chir ? la fa?on de les utiliser au mieux. Ils sont partag?s avec les vice-pr?sidents. Il n'y en a pas tant que ?a?: deux pour le pr?sident, cinq pour les vice-pr?sidents, soit un p?le de sept v?hicules pour l'ensemble de l'ex?cutif, une flotte aujourd'hui sous-utilis?e. Nous allons donc trouver une fa?on de l'utiliser mieux ou diff?remment. Ou la r?duire petit ? petit dans les semaines qui viennent. Nous avons pris une d?cision sur ce sujet d?s le premier conseil?: supprimer les voitures de fonction aux membres de la direction des services. Les nouvelles personnes qu'on recrute n'en ont donc plus. ??Se faire attaquer parce qu'on n'aurait pas r?agi sur les r?seaux sociaux dans l'heure qui suit un fait divers, c'est une vision particuli?re de l'action publique qui n'est pas la mienne.??Sur la s?curit?, il vous a ?t? reproch?, ? vous comme ? Gr?gory Doucet, le nouveau maire de Lyon, de peu r?agir aux faits divers. Je me suis pos? la question?: faut-il faire comme tout le monde, c'est-?-dire, d?s qu'il y a un fait divers, r?agir, cr?er du buzz m?diatique autour?? Et j'ai d?cid? de ne pas le faire. Je ne vois pas en quoi r?agir ? un fait divers signifie qu'on a une action politique. De plus en plus souvent, les familles des victimes demandent m?me qu'il n'y ait pas trop de pression m?diatique. Les r?actions autour de la victime du 5e arrondissement (Axelle Dorier, NDLR), y compris du minist?re de l'Int?rieur, ?taient tellement disproportionn?es qu'? un moment donn?, je ne vois pas ce qu'on apporte au d?bat public. Je suis favorable ? des actions politiques efficaces, pos?es, r?fl?chies, et donc pas ? une r?action permanente aux faits divers. M?me si cela me touche, m'?meut, que j'ai une pens?e pour les victimes. Si j'ai, ? un moment donn?, un message ? faire passer, je n'ai pas besoin des m?dias pour le faire. Vous privil?gierez des messages directs aux victimes?? C'est ce que vous aviez fait en l'occurrence?? Non, pas dans ce cas-ci, mais je pense que c'est plut?t ainsi que je vais agir. C'est d?j? tellement douloureux pour les victimes que la surm?diatisation des choses n'est bonne ni pour leur famille ni pour la gestion des vrais probl?mes, ? savoir comment agir pour que cela ne se reproduise pas. Et se faire attaquer parce qu'on n'aurait pas r?agi sur les r?seaux sociaux dans l'heure qui suit un fait divers, c'est une vision particuli?re de l'action publique qui n'est pas la mienne. ??Pour la Cit? de la gastronomie, nous allons travailler sur un lieu beaucoup plus tourn? vers nos habitants. Car finalement, les habitants de la m?tropole ne s'y sont jamais rendus, ou tr?s peu.??Sur l'urbanisme enfin, la v?g?talisation compte parmi les points sur lesquels vous n'avez pas encore exprim? de priorit?. Si vous souhaitez des r?sultats dans le mandat, il ne faut pourtant pas tarder?: les arbres, c'est long ? pousser?! Tout ? fait. Pour la v?g?talisation, il y a les projets urbains qu'on lance, o? il faut que cette dimension soit int?gr?e d?s le d?part. Ce n'?tait pas le cas auparavant. On avait beaucoup d'inaugurations, m?me ces deux derni?res ann?es, o? la v?g?talisation ?tait tr?s peu voire pas pr?sente. Cette obligation de v?g?talisation se fait au fil des dossiers. Il y a aussi la volont? de travailler sur les cours des coll?ges, mais on ne pouvait naturellement pas le faire cet ?t? car il faut lancer des appels d'offres. Cela ne pourra d?marrer qu'? l'?t? prochain. Enfin, nous d?sirons travailler avec les copropri?t?s sur l'espace priv?. C'est l?, ? mon avis, que la v?g?talisation peut ?tre la plus rapide durant le mandat, car les crit?res sont diff?rents. Il faut convaincre les copropri?taires. Mais on a vu, avec le dispositif ?cor?no'v, qu'on y parvenait. Nous allons travailler sur ces questions. J'ai vu les acteurs du 1% logement, qui sont aussi int?ress?s. On verra comment mettre en place des moyens d'ing?nierie pour aider, ainsi que des financements. Car pour le bien collectif, avoir des arbres plant?s, c'est bon o? qu'ils soient, qu'il s'agisse d'un espace public ou priv?. Et si ?a nous co?te beaucoup moins cher dans l'espace priv? - c'est ma conviction - et que cela va beaucoup plus vite, il faut ?tre pragmatique et s'int?resser en priorit? aux espaces priv?s. Quelle est la diff?rence avec les espaces publics?? La pr?sence des r?seaux (eau, gaz, ?lectricit?.), tout d'abord. Quand il faut d?placer des r?seaux pour ajouter de la v?g?talisation, le co?t explose. Et je ne veux pas prendre une voirie qui n'a pas besoin de travaux et tout changer simplement pour v?g?taliser. On aurait un ?quilibre ?conomique qui serait absolument impossible ? tenir. On fera des for?ts urbaines ? certains endroits, comme dans la rue du Docteur Bouchut, mais on ne peut pas affirmer qu'on va mettre des arbres partout. D'ailleurs, nous ne l'avons jamais dit durant la campagne, l? o? certains de nos concurrents chiffraient je ne sais plus combien d'arbres, un nombre qui n'avait plus aucun sens?! ?tienne Blanc (LR) avait parl? de 100.000 arbres et arbustes, qu'il souhaitait donner aux habitants pour leurs balcons. Une id?e que vous pourriez reprendre?? Peut-?tre (rires). Dans les sujets ??surprise?? que vous r?cup?rez, on peut citer la Cit? de la gastronomie. Enfin, ??surprise??, surtout pour moi?! Certains le savaient avant les ?lections. Et ils ont pr?f?r? attendre pour le dire. Christophe Marguin, le pr?sident des Toques Blanches Lyonnaises, a demand? ? ?tre associ? ? la r?flexion. Vous lui avez r?pondu qu'il avait ??toute sa place??. Ne craignez vous pas de d?cevoir vos ?lecteurs si, au final, vous vous appuyez sur les m?mes r?seaux que vos pr?d?cesseurs?? Et en l'occurrence sur quelqu'un qui avait trait? de ??connards?? les ?lecteurs ?cologistes. Il y a deux sujets dans votre question?: ce qu'on fait et comment on d?cide de le faire. Je ne sais pas ce qu'on va faire. ? ce stade, je veux associer les m?c?nes, qui sont les premiers financeurs de cette op?ration, les chefs, ceux qui le souhaitent, M. Marguin ou d'autres, et surtout les habitants. On va donc mettre en place un jury citoyen. ? la fin, ce n'est pas parce qu'on ?coute tout le monde qu'on fera ce que veut M. Marguin. On restera probablement centr?s sur la gastronomie et l'alimentation, en essayant - c'est mon intuition - d'aller plus vers l'alimentation, y compris les nouveaux modes culinaires, et sur un lieu beaucoup plus tourn? vers nos habitants. Car finalement, les habitants de la m?tropole ne se sont jamais rendus dans ce lieu, ou tr?s peu. Je connais tr?s peu de gens qui y sont all?s, et ils en ont fait une si mauvaise publicit? que ?a n'a pas incit? les autres. Ce sera donc la premi?re exp?rimentation d'un jury citoyen ? Lyon. Vous allez tirez au sort 10 habitants?? Oui, 10, 20, on va voir le nombre. Ils rencontreront les diff?rents acteurs et nous feront des propositions. Beaucoup d'acteurs m'ont d?j? contact?, qui ont envie de travailler sur la Cit? de la gastronomie. Notamment toute l'alimentation bio, tous ceux qui travaillent autour de mod?les de circuit court ou autres, sont tr?s int?ress?s pour voir comment ?a peut ??matcher?? dans le cadre gastronomie/alimentation du lieu. Pour l'instant, je ne sais pas. On d?couvre le dossier. ??Avant la crise du Covid, je voulais augmenter les budgets avec l'angle d'utiliser la culture pour r?duire les in?galit?s territoriales et sociales. ? pr?sent, ma volont? est d'abord de sanctuariser nos budgets.??Autre sujet, la culture, qui ne fait pas partie de vos 10 sujets prioritaires, ni des premi?res d?lib?rations. Pourtant, vous dites que la situation est inqui?tante. Avez-vous donn? ? votre vice-pr?sident?C?dric Van Styvendael sa ligne de route?? Pour la culture, nous avons des comp?tences sp?cifiques, essentiellement les grands ?v?nements?: les Biennales, les Nuits de Fourvi?re. Ainsi que le mus?e des Confluences. Cela veut dire que nous n'avons pas non plus des comp?tences multiples. Ma volont?, en mati?re de culture, est d'abord de sanctuariser nos budgets. Avant la crise du Covid, Lyon a lanc? un fonds d'urgence de 4 millions d'euros. C'est aussi pour cela que je n'ai pas voulu me pr?cipiter?: nous allons nous caler avec la Ville de Lyon et la R?gion. En v?rit?, la M?tropole a d?j? agi en faveur de la culture en donnant les financements qui ?taient pr?vus ? nos acteurs, y compris quand les ?v?nements n'avaient pas lieu. Nous sommes sur du long terme. Il va falloir accompagner l'ann?e prochaine, et peut-?tre plus longtemps encore?; il faut donc qu'on se pose avec les acteurs du secteur afin de regarder ce qu'on fait. En termes d'aides, et en termes de politique ensuite, cela d?pendra des marges de manouvre dont on dispose r?ellement. Pour l'instant, comme je n'y vois pas clair, j'ai dit au vice-pr?sident ? la culture?: on sanctuarise, on a un objectif commun qui est de faire plus, on verra ? quel niveau on peut se placer en cours de mandat. En sachant qu'il nous faudra ?quilibrer en fin d'ann?e entre des d?penses sociales, culturelles, sportives et autres. David Kimelfeld s'?tait engag? ? doubler le budget de la culture. Il doublait tous les budgets pendant la campagne?! Mais quand il ?tait pr?sident, il n'a pas augment? le budget de la culture. Moi, durant la campagne, j'ai ?vit? de raconter des trucs dont je savais qu'on ne pourrait pas les faire. Les ?cologistes avaient davantage d?velopp? la partie lyonnaise de leur projet culturel. (Il coupe.) C'est une question de comp?tences. Le budget pour la culture de la Ville de Lyon doit ?tre quatre fois plus important que le n?tre. Ce n'est pas du tout le m?me niveau. Ce projet mettait plus l'accent sur la pratique culturelle que sur l'excellence et le rayonnement. Est-ce une direction que vous confirmez aujourd'hui?? La volont?, c'est l'acc?s ? la culture pour ceux qui en b?n?ficient le moins. C'est la commande que j'ai pass?e. Travailler sur les publics ?loign?s de la culture rel?ve pour moi du r?le de la M?tropole. Les grandes villes, Lyon, Villeurbanne et d'autres, ont de vraies politiques culturelles et assument bien leur r?le sur leur territoire. En revanche, certains publics sur d'autres territoires de la m?tropole ont moins acc?s ? la culture. ? mes yeux, si on devait faire plus, ce serait plut?t sur ces axes-l?. On va faire des propositions, on avance, mais on n'est pas sur des urgences. Ce sont ici aussi des politiques de long terme. On rencontrera l'ensemble des acteurs culturels. C?dric Van Styvendael a commenc? ? le faire, et je le ferai aussi. Avant la fin de l'ann?e, je serai parvenu ? voir les gros acteurs de la culture. La pratique culturelle dans les coll?ges est-elle aussi un marqueur?? Nous avons beaucoup d'ambitions pour les coll?ges. Nous devons donc voir ce qui est possible avec le recteur. On peut avoir de la culture, bien s?r, mais je voulais qu'on travaille sur les discriminations, sur l'?galit? femme-homme, sur l'?ducation ? l'environnement. Bref, beaucoup de sujets. Mais pourquoi pas?? Cela fait partie des choses qui restent ? d?finir. Pour la culture, vous identifiez des acteurs qui sont plus en phase avec vos intentions?? J'entends que les Nuits de Fourvi?re ont besoin d'?tre r?form?es. Le Festival Lumi?re aussi, sans doute?? Je n'ai pas pour l'instant de parti pris d?finitif. Oui, pour les Nuits de Fourvi?re, ce qui interroge, c'est d'avoir des spectacles avec des prix d'entr?e ? 40 euros, pour des artistes m?diatiques tr?s connus que l'on pourrait voir en d'autres lieux au m?me prix. Pourquoi mettre de l'argent public si c'est pour avoir une chose ?quivalente?? Bien s?r, il y a des tas de choses extraordinaires, le site est magnifique?; il faut peut-?tre simplement r?adapter un peu. Mais nous ne sommes pas du tout dans une volont? d'aller vite sur ce sujet. Ni de casser les ?quilibres. Pour l'instant, c'est le statu quo global, et probablement pour chaque acteur. On se donnera le temps de r?fl?chir ? la fa?on d'am?liorer les choses. Allez-vous lancer un ?v?nement ? vous, apte ? marquer le mandat?? Non, je vous le redis?: je ne suis pas l? pour faire de la symbolique. Je suis l? pour faire des choses. Ce ne sera pas?: tiens, Bruno Bernard a cr?? un nouvel ?v?nement culturel. Si nous jugeons un nouvel ?v?nement culturel pertinent, utile ? la population, on le cr?era. C'est dans ce sens-l? que les choses se font. La culture est aussi un outil de transformation tr?s fort?: pour G?rard Collomb, les Nuits sonores ont ?t? une mani?re de changer l'image de sa ville, de montrer qu'elle bougeait. C'?tait le maire de Lyon?! ? la M?tropole, je vais probablement travailler un peu plus sur le ??1% culture?? dans les travaux publics, un dispositif qui est actuellement tr?s peu exp?riment?. On vient d'acter une enveloppe dans des march?s de travaux publics pour faire de l'art urbain. Nous allons lancer d'autres pistes, mais rien ne presse. Le milieu culturel est tr?s dynamique, il est en difficult? avec le Covid, il a son rythme. Il faut aussi ?tre respectueux des gens en place. Une chose surprend?: que ce soit vous ? la M?tropole ou Gr?gory Doucet ? Lyon, vous avez confi? la culture ? des partenaires PS ou issus du PS, alors que, souvent, les ex?cutifs se servent de la culture pour donner du sens ? leur action. Honn?tement, qu'est-ce qui a ?t? nouveau dans la politique m?tropolitaine depuis cinq ans?? L? tout de suite, je n'ai pas de r?ponse ?vidente. Autant, pour une commune, la politique culturelle est l'un des plus gros budgets, parfois le plus gros - c'est donc ?norme pour les communes, que ce soit Lyon ou Villeurbanne, ou m?me Oullins, D?cines et d'autres - autant, pour la M?tropole, la culture repr?sente 1% de notre budget global. Avec des marges de manouvre faibles. On va donc essayer d'en recr?er, mais ce n'est pas notre action premi?re en termes budg?taires. Par rapport ? notre action en faveur des personnes en situation de handicap, c'est tr?s faible, pour ne citer qu'un exemple. ??? la rentr?e, je bougerai ? nouveau en mati?re de pollution pour essayer, en septembre ou octobre, de donner la trajectoire jusqu'en 2026 sur la fa?on de r?duire la place des v?hicules polluants dans l'agglom?ration.??Autre sujet qui n'est pas pr?sent?: les universit?s, un dossier dans lequel vous avez des comp?tences r?elles. Il y a eu un appel pour la cr?ation d'une universit? de l'environnement ; Gr?gory Doucet, dans son discours inaugural, parlait de la cr?ation d'un lieu, une ??fabrique du futur??. On est plut?t accompagnateurs sur ces sujets. J'ai vu le recteur et son ?quipe en juillet, nous avons commenc? ? travailler notamment sur l'IDEX, qui est le dossier le plus urgent. Nous devons voir comment cela atterrit ou pas dans les mois qui viennent. Jean-Michel Longueval - encore un ami socialiste, au demeurant - est en charge de ces dossiers. Je vais rencontrer notamment les pr?sidents d'universit?, qui sont en cours de renouvellement pour Lyon I et Lyon III, d?s qu'ils seront en place. En cette rentr?e, que souhaitez-vous que les habitants per?oivent d'abord de votre action?? Une clart? de ce qu'on veut faire, notre volont? que cela se fasse, et, concr?tement, qu'ils voient que c'est en cours. En septembre, on aura d?j?, je l'esp?re, un certain niveau de perception. Mais je n'ai pas besoin que d?s septembre, ou d?s cette ann?e, on r?alise que tout a chang?. Nous avons un mandat de six ans. Et l'objectif, quand on veut changer en profondeur, c'est de prendre le temps. Parce qu'on a des objectifs assez forts, on a besoin que la population les comprenne et les accompagne. Il en va de m?me pour les acteurs associatifs et ?conomiques. Je trouve qu'on envoie d?j? des messages, qu'on a un d?but de perception, m?me si c'est un petit peu t?t pour le constater. ? la rentr?e, je bougerai ? nouveau sur la pollution pour essayer, en septembre ou octobre, de donner la trajectoire jusqu'en 2026, sur la fa?on de r?duire la place des v?hicules polluants dans l'agglom?ration. La pollution, vous l'attaquez prioritairement sur la question des voitures?? Et des alternatives. On a les mesures de fond de d?veloppement des transports en commun et du v?lo, et parall?lement ? cela, on relancera la question des chauffages individuels au bois pour foyers ouverts. Il y a une aide qui existe mais personne ne la conna?t. Je souhaite qu'on recense tous les logements concern?s et qu'on aille convaincre les propri?taires de faire le n?cessaire. Il y a beaucoup de sujets sur la pollution. Il y a aussi la restriction des v?hicules les plus polluants, mais qui va de pair avec le d?veloppement des sites propres des bus et des pistes cyclables. J'?coute aussi la ministre qui nous demande de mettre en place des zones de faible ?mission (ZFE). Bon, c'est d?j? le cas chez nous, elle ne l'avait peut-?tre pas vu, mais nous voulons quoi qu'il arrive d?velopper cela fortement. Propos recueillis par Rapha?l Ruffier-Fossoul Cet article vous a int?ress??? Faites-le suivre ? tous vos amis?! Aidez L'Arri?re-Cour ? mener de nouvelles?enqu?tes ! | ? | Je m'abonne gratuitement | ? | Je soutiens le projet | | ? | Les enqu?tes de L\'Arri?re-Cour sont financ?es uniquement par les dons de nos lecteurs. 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